La chèvre mange principalement de l’herbe, du foin, des feuilles et des branchages. Elle apprécie aussi les ronces, les jeunes pousses et certains légumes. Mais attention, cet animal curieux ne sait pas toujours reconnaître les végétaux dangereux. Pour la garder en bonne santé, mieux vaut connaître ses besoins et les aliments à éviter.
Que mange une chèvre au quotidien ?
La chèvre est un herbivore ruminant qui aime varier ses repas. Contrairement au mouton, qui broute volontiers l’herbe des prairies, elle recherche aussi les feuilles, les arbustes et les petites branches tendres. Cette préférence explique pourquoi elle passe autant de temps près des haies.
Son alimentation repose surtout sur des fourrages riches en fibres. Ceux-ci favorisent la rumination et le bon fonctionnement du système digestif.
L’herbe fraîche, une base naturelle
Au printemps, l’herbe fraîche apporte une bonne partie des nutriments nécessaires aux chèvres. Les graminées, le trèfle et les plantes des prairies composent une alimentation variée, à condition que les pâtures soient suffisamment riches.
Après l’hiver, la remise à l’herbe doit rester progressive. Une chèvre habituée au foin sec risque de souffrir de troubles digestifs si elle consomme brutalement de grandes quantités d’herbe jeune. Commencez par de courtes sorties, puis augmentez progressivement la durée du pâturage.
Le foin, un aliment indispensable
Le foin de prairie reste une valeur sûre, notamment en hiver, pendant les sécheresses ou lorsque les pâtures sont pauvres.
Choisissez un foin sec, propre, sans poussière excessive ni moisissure. Une odeur désagréable ou des traces d’humidité doivent vous alerter. Pour éviter le gaspillage, installez un râtelier : les chèvres refusent volontiers de manger les végétaux tombés dans leur litière.
Les branchages, un véritable plaisir pour les chèvres
Une chèvre peut délaisser une belle étendue d’herbe pour grignoter quelques feuilles de ronce. Ce comportement correspond à ses habitudes alimentaires. Elle apprécie les feuillages, les jeunes rameaux et les bourgeons, qu’elle sélectionne grâce à ses lèvres très mobiles.
Les ronces, le noisetier, le saule et le framboisier figurent parmi les végétaux généralement adaptés. Toutefois, les branches doivent provenir de plantes correctement identifiées, non traitées et exemptes de moisissures.
Attention aux tailles de haies déposées dans l’enclos. Certaines espèces ornementales, comme le laurier-rose ou l’if, sont extrêmement toxiques. Une branche coupée peut rester dangereuse, même lorsqu’elle commence à sécher.

Quelle quantité de nourriture donner à une chèvre ?
La quantité dépend de plusieurs facteurs : poids, race, âge, activité et production de lait. Une chèvre naine vivant au pré consomme nettement moins qu’une chèvre alpine en pleine lactation.
Les besoins s’expriment généralement en matière sèche, autrement dit le poids des aliments sans leur eau. Une chèvre adulte consomme souvent l’équivalent de 2 à 4 % de son poids vif en matière sèche par jour, selon sa situation.
| Profil de chèvre | Besoins indicatifs en matière sèche par jour |
| Chèvre naine de 20 kg | 400 à 800 g |
| Chèvre adulte de 40 kg | 800 g à 1,6 kg |
| Chèvre adulte de 50 kg | 1 à 2 kg |
| Chèvre adulte de 70 kg | 1,4 à 2,8 kg |
Ces quantités servent de repères. La valeur nutritive des fourrages, l’état corporel et les besoins physiologiques doivent également être pris en compte.
Par exemple, une chèvre de 50 kg qui consomme 1,5 kg de matière sèche reçoit environ 1,75 kg de foin contenant 85 % de matière sèche. Avec de l’herbe fraîche, le poids nécessaire augmente considérablement en raison de sa teneur en eau.
Les aliments dangereux pour les chèvres
La réputation de la chèvre capable de tout manger lui rend un bien mauvais service. Certaines plantes provoquent de simples troubles digestifs, mais d’autres peuvent entraîner une intoxication mortelle.
Le risque augmente lorsque l’animal manque de nourriture, accède à des déchets de jardin ou découvre des végétaux inhabituels dans son enclos.

Les plantes toxiques à tenir hors de portée
Plusieurs végétaux courants présentent un danger pour les chèvres :
- Laurier-rose : contient des substances toxiques pour le cœur.
- If : ses aiguilles et ses rameaux peuvent provoquer une intoxication mortelle.
- Rhododendron et azalée : responsables de troubles digestifs, nerveux et cardiaques.
- Laurier-cerise : peut libérer des composés cyanogènes lors de la digestion.
- Buis : contient des alcaloïdes toxiques.
- Digitale : renferme des substances dangereuses pour le fonctionnement cardiaque.
- Fougère aigle : sa consommation répétée présente des risques sanitaires.
- Feuilles fanées de cerisier et de prunier : peuvent provoquer une intoxication au cyanure.
Un simple contrôle des haies, des clôtures et des arbres accessibles permet d’éviter de nombreux accidents. Pensez également aux branches qui tombent dans l’enclos après un épisode venteux.
Les restes alimentaires sont rarement une bonne idée
Le pain, les biscuits, le chocolat ou les plats cuisinés ne conviennent pas à l’alimentation des chèvres.
Le pain contient beaucoup d’amidon. Distribué en quantité excessive, il perturbe les fermentations dans le rumen et favorise l’acidose ruminale, une affection digestive potentiellement grave.
Évitez également les pommes de terre verdies, les aliments moisis et les déchets de cuisine contenant des ingrédients inconnus.
Fruits et légumes autorisés, mais avec modération
Les carottes, pommes, poires et courgettes peuvent faire plaisir à une chèvre. Rien de problématique à lui proposer occasionnellement quelques morceaux, à condition qu’ils soient frais, propres et adaptés à sa taille.
Cependant, les fruits sont relativement riches en sucres. Ils doivent rester des friandises et non devenir une composante importante de sa ration.
| Aliment | Autorisé ? | Conseil |
| Carotte | Oui | Couper en petits morceaux |
| Pomme | Oui | Retirer le cœur et les pépins par précaution |
| Poire | Oui | Donner en quantité modérée |
| Courgette | Oui | Privilégier les morceaux frais |
| Salade | Oui | Compléter les fourrages sans les remplacer |
| Pain | Déconseillé | Risque digestif en quantité importante |
| Chocolat | Non | Aliment potentiellement toxique |
| Pomme de terre verte | Non | Contient des substances toxiques |
Une chèvre réclame parfois davantage de friandises dès qu’elle aperçoit son propriétaire. Difficile de résister à son insistance, mais la modération reste préférable.
Granulés et céréales, dans quelles situations ?
Toutes les chèvres n’ont pas besoin de granulés ou de céréales.
Une chèvre adulte de compagnie, en bonne santé, peut généralement couvrir ses besoins avec des fourrages adaptés et un complément minéral approprié. En revanche, une chèvre laitière très productive ou une femelle en fin de gestation peut nécessiter une alimentation plus énergétique.
L’orge, l’avoine et le maïs sont utilisés dans certaines rations. Ils doivent être distribués en quantités calculées, car un excès d’amidon favorise les troubles digestifs.
Mieux vaut également conserver les sacs de granulés dans un local fermé. Une chèvre qui parvient à accéder librement aux réserves peut manger beaucoup trop de concentrés en peu de temps.
Eau et minéraux, des besoins souvent sous-estimés
Une chèvre doit disposer en permanence d’eau propre et accessible. Sa consommation varie selon la température, le type d’alimentation et la production de lait. Un animal nourri principalement au foin sec boit généralement davantage qu’une chèvre consommant beaucoup d’herbe fraîche.
La pierre à sel ne couvre pas forcément tous les besoins minéraux. Un complément spécialement formulé pour les caprins peut apporter du calcium, du phosphore et certains oligoéléments. Attention si l’enclos accueille aussi des moutons d’Ouessant : leurs besoins en cuivre diffèrent de ceux des chèvres, et un excès peut être dangereux pour les ovins.
Adapter les repas aux saisons
Au printemps, une transition progressive
L’arrivée de l’herbe tendre modifie considérablement le régime alimentaire. Pour limiter les troubles digestifs, augmentez progressivement le temps de pâturage et maintenez du foin à disposition.
Surveillez également la hauteur de l’herbe. Un pâturage trop ras augmente l’exposition aux parasites présents près du sol.
En été, attention aux pâtures desséchées
Pendant les périodes chaudes, les prairies perdent parfois une grande partie de leur valeur nutritive. Les chèvres cherchent alors davantage de feuilles et de rameaux.
Si la végétation devient insuffisante, distribuez du foin de bonne qualité. L’accès à l’ombre et à une eau régulièrement renouvelée mérite également une attention particulière.
L’hiver, le foin prend le relais
Lorsque l’herbe pousse peu, le foin devient l’aliment principal. Une chèvre vivant dehors peut aussi avoir des besoins énergétiques supérieurs par temps froid, surtout si elle est exposée à l’humidité et au vent.
La paille, parfois grignotée dans la litière, ne remplace pas le foin. Elle contient trop peu de nutriments pour constituer une ration suffisante.
L’alimentation d’une chèvre gestante ou allaitante
Une chèvre gestante doit recevoir une ration adaptée à l’évolution de ses besoins. Ceux-ci augmentent particulièrement durant les dernières semaines de grossesse, lorsque les chevreaux grandissent rapidement.
Une alimentation insuffisante peut favoriser la toxémie de gestation, notamment chez les femelles portant plusieurs petits. La surveillance du poids, de l’appétit et de l’état corporel devient particulièrement importante à cette période du temps de gestation d’une chèvre.
Après la mise bas, la lactation augmente les besoins en eau, en énergie et en protéines. Les chèvres fortement productrices peuvent nécessiter des concentrés adaptés, sans réduire excessivement l’apport de fibres.
Que mange un chevreau pendant ses premières semaines ?
Le chevreau nouveau-né se nourrit d’abord de colostrum, le premier lait produit par sa mère. Riche en anticorps, celui-ci participe à sa protection contre les infections. Sa consommation rapide après la naissance est indispensable.
Au fil des semaines, le jeune animal commence à grignoter du foin et à découvrir les aliments solides. Son rumen se développe progressivement grâce à cette transition.
Le sevrage doit tenir compte de son âge, de son poids et de sa capacité à manger suffisamment de fourrage. Une transition trop rapide risque de freiner sa croissance.
Les erreurs alimentaires les plus fréquentes
Une chèvre maigre n’a pas forcément besoin de davantage de céréales. Une perte de poids peut provenir d’un parasitisme important, de problèmes dentaires ou d’un fourrage trop pauvre.
Autre erreur fréquente : distribuer les aliments directement sur le sol. Ils se salissent rapidement et les chèvres refusent souvent de les consommer. Un râtelier propre et bien dimensionné réduit le gaspillage.
L’alimentation d’une chèvre diffère aussi de celle des autres animaux de la ferme. Par exemple, la ration d’une volaille repose sur des besoins nutritionnels spécifiques, détaillés dans les principes de l’alimentation de la poule. Les chèvres, elles, tirent une grande partie de leurs nutriments de la fermentation des végétaux dans leur rumen.
Comment savoir si une chèvre est bien nourrie ?
Une chèvre en bonne santé présente généralement un appétit régulier, rumine lorsqu’elle se repose et produit des crottes bien formées.
Observez également son comportement et sa silhouette. Une perte de poids, un poil terne, des diarrhées ou une baisse soudaine de l’appétit peuvent signaler un problème alimentaire ou une maladie.
Un ventre anormalement gonflé, des difficultés respiratoires ou l’arrêt de la rumination nécessitent une intervention vétérinaire rapide. En cas de suspicion d’intoxication, éloignez immédiatement l’animal de la plante concernée et conservez un échantillon pour faciliter son identification.
Quelle alimentation choisir pour une chèvre en bonne santé ?
Pour bien nourrir une chèvre, privilégiez l’herbe, le foin et les branchages adaptés, avec de l’eau propre et des minéraux appropriés. Les fruits restent occasionnels et les céréales dépendent de ses besoins.
Une alimentation variée, des transitions progressives et l’absence de plantes toxiques permettent de préserver sa santé au quotidien.