Quelle est la femelle du lièvre

La femelle du lièvre porte un nom bien spécifique : on l’appelle la hase. Ce mot ancien, issu du langage de la chasse, désigne une femelle qui a déjà eu une portée ou qui est gestante. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le lièvre et le lapin sont bien différents, et la distinction s’étend jusqu’à leurs noms respectifs. Alors que le mâle lièvre est parfois surnommé bouquin ou bouquet, sa compagne, plus petite et au pelage plus clair, détient une particularité biologique rare chez les mammifères : la superfétation, c’est-à-dire la capacité à être fécondée une seconde fois alors qu’elle est déjà enceinte.

Hase ou lapine

Le terme « hase » remonte au XVIIe siècle. Il trouve ses origines dans la tradition cynégétique, ce vocabulaire utilisé par les chasseurs pour désigner les animaux selon leur sexe, leur âge ou leur statut reproductif. Plusieurs hypothèses sur son étymologie existent. Certains linguistes le rattachent à l’allemand ein Hase, utilisé pour les lièvres des deux sexes, d’autres évoquent une racine arabe : hazaz.

Quoi qu’il en soit, ce mot continue à survivre, un peu en marge du langage courant, mais encore bien vivant dans les dictionnaires et les récits naturalistes. Une discrète survivance linguistique d’une époque où la chasse structurait profondément la relation des humains aux animaux sauvages.

Anatomie d’un animal qui file à toute allure

Avec ses longues pattes arrière, sa silhouette élancée et ses grandes oreilles à l’extrémité noire, le lièvre est taillé pour la vitesse. Il peut atteindre jusqu’à 70 km/h, ce qui le rend aussi rapide qu’un scooter en ville. Cette performance lui sert principalement à fuir les prédateurs, car contrairement au lapin, il ne creuse pas de terrier : le lièvre vit à découvert, dans les champs ou les prairies, souvent dissimulé dans une légère dépression du sol, appelée forme.

Sa compagne, la hase, partage les mêmes capacités physiques, bien qu’un peu plus petite. Elle reste cependant tout aussi vive, agile, et surtout très attentive lorsqu’elle est en période de gestation.

Reproduction étonnante et prolificité

La hase ne se contente pas de porter ses petits dans le calme : elle enchaîne les portées à une fréquence impressionnante. Sa gestation dure environ 42 jours, et elle donne naissance de 1 à 3 petits, parfois plus. Et le plus fascinant dans tout ça ? Elle est capable d’être fécondée une seconde fois alors qu’une première gestation est déjà en cours. Ce phénomène rare chez les mammifères, la superfétation, fait d’elle une championne de la reproduction.

C’est cette caractéristique biologique qui explique la présence abondante du lièvre dans les campagnes françaises. En effet, une hase peut produire jusqu’à cinq portées par an. À ce rythme, les levrauts ne manquent pas.

Un animal mal compris

À cause de leur ressemblance physique, lièvre et lapin sont souvent confondus. Pourtant, ces deux espèces n’ont ni le même mode de vie, ni les mêmes mœurs. Le lièvre est un solitaire. Il ne vit pas en groupe et préfère les grands espaces ouverts. Il ne construit pas de terrier, ses petits naissent déjà recouverts de poils et les yeux ouverts, ce qui leur permet de se débrouiller très vite après la naissance.

Le lapin, quant à lui, vit en colonie et creuse des terriers. Ses petits naissent nus, aveugles, et dépendent longuement de leur mère. Cette distinction importante explique aussi pourquoi la hase et la lapine ne doivent pas être confondues.

Une présence ancrée dans l’imaginaire

Du lièvre de mars d’Alice au pays des merveilles au célèbre Lièvre et la Tortue de La Fontaine, ce mammifère bondissant a laissé une trace dans la littérature et les contes. Pourtant, la hase, elle, reste dans l’ombre. Rarement mise en avant, elle demeure une figure discrète, mais essentielle de la vie sauvage. Son rôle dans la reproduction de l’espèce est fondamental, et son comportement, souvent moins spectaculaire que celui du mâle en rut, est pourtant d’une efficacité redoutable.

Portrait rapide de la hase

En résumé, la femelle du lièvre se distingue par :

  • Un nom spécifique : la hase
  • Une taille légèrement plus petite que le mâle
  • Un pelage plus clair
  • Une gestation d’environ 42 jours
  • Une capacité de superfétation
  • Jusqu’à 5 portées par an
  • Une vie discrète mais essentielle à la survie de l’espèce

L’importance de la terminologie

Employer le terme hase plutôt que simplement « femelle du lièvre » n’est pas un détail. Cela permet de mieux comprendre les spécificités de cet animal, notamment dans les domaines de la chasse, de la zoologie ou même de la gastronomie. Ce mot, bien que rare, conserve une valeur descriptive forte. Il permet de nommer, donc de reconnaître, et par là de mieux protéger, ou au moins de mieux observer.Attention à ne pas faire l’erreur courante de parler de lapine en pensant à la compagne du lièvre. Les deux espèces, bien que cousines, appartiennent à des genres différents. Le lièvre appartient au genre Lepus, tandis que le lapin est un Oryctolagus. Cette distinction est autant comportementale que biologique. Si l’on veut parler avec précision, il faut donc utiliser les bons termes. Une lapine est la femelle du lapin, une hase, celle du lièvre.

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